Je ne sais plus pourquoi il traînait dans une zone accessible de ma tête. Samedi dernier, je fermais le club, et comme d'habitude parlait toute seule
ou à mes chevaux en passant (pas pareil).
C'est dans ces moments là, ou bien quand je marche pour un bout à pied dans les rues que les gens me laissent (le soir), que des chansons pas écoutées depuis des mois arrivent avec leur mélodie
insistante et m'obligent à les chanter, même si elles me saoulent.
(Surtout une de Hercule, le D.A de Disney, une des chansons NAZES mais qui part jamais définitivement)
Bref, ce coup-ci c'est des mots sans musique, qui sont arrivés. Je crois que je venais de dire à la lune qu'elle était belle (je le fais souvent, j'espère que j'suis pas la seule, vu le mal
qu'elle se donne) alors le lien peut se faire. Sinon je sais vraiment pas d'où il serait ressorti.
C'est en primaire que je l'ai connu, moi. En CE2 je crois, on devait certaines semaines choisir une poésie dans un ENORME classeur génial, plein de feuillets poétesques, on prenait celui qu'on
voulait. Le plus court pour les peu courageux, souvent, et le réciter quelques jours après à la classe. Ce classeur était VRAIMENT génial.
Un jour j'ai vu un poème sans titre. Et j'ai eu beau chercher, je n'ai pas trouvé non plus de nom d'auteur. Ca fait donc maintenant une quinzaine d'années, et il est toujours innomé ( =p ) et
orphelin.
Du coup je viens de regarder un coup sur le web, mais constatation horrifiante : Il n'est nulle part !! J'ai beau caser des strophes limite entières, tout le monde les découpent, personne pour
lever une main timide et écrire : "Si, moi je le connais, je l'ai placé là !"
C'est affreux. Tragique.
Je suis donc le seul espoir de ce poème cher à mon coeur. (Et là il a le droit d'avoir peur)
Oui, parce que je ne vous l'ai pas encore dit, mais c'est quand même le SEUL et pratiquement la seule chose dont je me souviens entièrement, de cette époque là. Alors vous
avez grandement intérêt à le trouver Beau, et si vous voulez le faire passer pour qu'il devienne le poème le plus connu de l'année 2008, je n'y vois pas d'inconvénient... ^___^
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A l'entrée de la ferme
Dans un tonneau défoncé
Le vieux chien mal rasé
Aux yeux de saltimbanque
Regardait la lune
Défiler à son aise.
Il n'aboyait jamais,
Sa voix était cassée
Il n'attendait personne
Son maître rentrait tard
Le soir, en titubant.
Le vent caressait son échine
Mais les enfants avaient peur
De sa mauvaise mine.
Quand il sortait de sa niche,
Sa chaîne, derrière lui,
Faisait un bruit d'enfer.
Maintenant, il lapait sa soupe
A petits coups de langues
Et mesurait d'un oeil limpide
La profondeur du ciel.
Lorsqu'il mourut,
De vieillesse ou d'oubli,
On lui ôta son carcan
Pour la première fois.
Alors non, j'avais pas dit qu'il était gai, d'abord.
Puis zut, on s'en fiche, il est Beau !!!
C'est ceux qui mesurent la profondeur du ciel, que j'aime.
Gaïac mesurait chaque chose, du même oeil.
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