Les cygnes sauvages [Jung Chang]

Publié le par Luciiole

Dos de couverture :


Petite-fille d'une concubine et d'un "Seigneur de la guerre", fille de hauts responsables communistes, Jung Chang vivra dans un "cocon de privilèges" jusqu'en 1965. La Révolution culturelle, son cortège de dénonciations et de persécutions, place alors la CHine sous le règne de la terreur. Jung voit ses parents internés dans un cmamp de rééducation tandis qu'elle est déportée à la campagne où elle sera paysanne, "médecin aux pieds nus", ouvrière...


Ce livre est GENIAL !!!

J'ai mis longtemps à le lire (... disons 3 semaines, je ne sais pas exactement) parce qu'il faut avoir le temps de s'y plonger, chaque fois pour un moment pour que ça vaille le coup, à mon avis.

C'est dur, c'est effarant. De ces livres qui...
"Je me suis fait voler mon portable !
- Ouais... Mais Jung Chang, quoi."
Non ça n'a rien à voir, mais c'est des pensées qui me viennent.
Tout comme celui de... je ne me rappelle plus son nom. La médecin de Varsovie, donc. Ah, Blady quelque chose.

Bref, ce livre est génial !!!

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Personnellement, à part "le livre rouge" et "Mao", qui restaient des mots sans consistance, je n'avais aucune idée de l'histoire de la Chine, ni même de son actualité. Il y'a des continents entiers dont je ne sais RIEN. C'est assez vertigineux, comme idée.

Là, j'ai pu suivre la vie de 3 femmes et ainsi leur vie entre 1909 et 1978. (L'auteur, sa mère et sa grand-mère)
Il y'a une telle différence entre les évènements français de cette récente période et ce qu'on découvre là...

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Cherchant des avis sur le net, j'ai vu un "3/10" d'un blogeur qui était déçu que Jung n'ai pas pu écrire sans un ton trop amer et fielleux... Abruti. Je me demande si ayant vécu sa vie, il aurait été moins amer. RAH ! Crétin.
Je lirai quand même l'autre livre qu'il conseillait ce mauvais critique, de François Cheng. Mais pas de suite.

A lire.



Pour alimenter notre haine des ennemis de la classe, les écoles entamèrent une série de séances régulières dites de "rappel des rigueurs d'autrefois et de réflexion sur le bonheur", au cours desquelles des adultes venaient nous raconter les misères de la Chine précommuniste. Notre génération avait vu le jour "sous le drapeau rouge", dans une Chine nouvelle, et n'avait pas la moindre idée de ce que pouvait être la vie sous la coupe du Kuo-Min-tang. Lei Feng, lui, savait ce qu'il en était, nous affirmait-on. Ce qui expliquait qu'il pût abhorrer les ennemis de classe à ce point et aimer le président Mao de tout son coeur. On disait que sa mère s'était pendue après avoir été violée par un seigneur alors que Lei n'avait que sept ans.
Des ouvriers et des paysans venaient nous faire des discours à l'école : ils nous parlaient de leur enfance dominée par la faim, d'hivers glacials passés sans chaussures, d'interminables agonies, de morts prématurées. Ils nous expliquaient qu'ils seraient à jamais reconnaissants au président Mao de leur avoir sauvé la vie et de leur avoir donné de quoi se loger et se nourrir.

(Lei Feng est un personnage totalement inventé par le régime et représentant le modèle du jeune dévoué et dynamique)
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