Pensée d'un soir.

Publié le par Luciiole

Les départs, sur le coup ça ne fait pas mal.
C'est après. Après, ça n'arrête pas.


Et si ? Et si je n'avais pas pris ce train ?

D'autant qu'on a passé des heures à chercher le billet que j'avais "égaré" involontairement. Involontairement, ça reste à nuancer. Je ne savais vraiment pas où je l'avais mis, je n'aurai jamais osé faire semblant, en voyant Keï et son père retourner la maison pour le retrouver.
"Dans les journeaux à brûler ? Non mais quand même pas ?"

Non. Dans l'un de mes sacs.

De toute façon, au pire, j'en aurai acheté un autre sur place. Mais si je n'avais pas écouté le monsieur au sifflet ?
"Il a dit pfuiiiiiiiiiiit. Il faut reculer"

Reculer, moi finir de monter les marches, et laisser la lenteur du train m'arracher à cette silouhette que je connaissais alors par coeur, à ce regard presque triste. "Je ne pleure jamais, c'est pas mon genre."

"Sauf quand je pleure."

Techniquement, j'aurai pu, refuser de monter dans ce train. Bon, à l'époque déjà je perdais dans mes batailles VS petit copain. Mais j'aurai pu. Je crois que ç'aurait été marrant. Très compliqué. Mais rien ne paraissait compliqué, alors.
Na va. Je suis une créature raisonnable, et j'aime des créatures raisonnables, la somme des deux n'est pas très favorables aux sauts dans le vide.


J'ai revu mon lac, plus tard. C'était une des premières missions de ma 'ture. En fait, c'est même POUR CA (pour Lui) que j'ai passé mon permis et acheté ma 'ture. Seulement mon lac s'est montré, et pas lui.



Et si ? Et si je n'avais pas pris ce train ?

J'ai savouré les possibilités jusqu'au dernier moment. Prolongées par les retard énorme à Paris. Je souriais à imaginer la tête des gens, si finalement je rentrai. "Ils seraient fâchés ?"

J'ai fait comme d'habitude : Je me suis décidée avant de l'être. Sinon je n'aurai pas esquissé l'ombre d'une démarche. Ensuite il restait à me convaincre en en parlant aux autres.
Enthousiasme, bravoure affichée, insouscience même pas forcée. De la confiance.



J'ai perdu beaucoup. En fait, j'ai tout perdu.
Mais j'en ai fait le choix, même pour Le Soleil.

Et même si ces souvenirs passent de temps en temps en HD devant mes yeux certains soirs, j'y ai cru jusqu'au bout, et j'en suis immensément riche.

La mise en marche poussive du train. L'image gravée de ce visage.
Les marches de cet escalier que j'ai descendu, sans me permettre de penser, toute concentrée à feindre l'assurance.
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Hanata 19/12/2008 15:31

Une des fois où prendre le train m'a le plus marqué ( hormis la fois où il a pris feu, et celle où on est parti en marche arrière ), c'est quand je suis rentrée de Lyon, la première fois. C'était dur, je préférais vivre dans ton quotidien que dans le mien. Je me suis posée la question aussi du " qu'est-ce que je fais ? Je peux rester ? "Je saurais jamais si j'ai pris la bonne décison, et toi non plus. o/ Mais ça fait du bien de se dire qu'il y a dans la vie des moments tels qu'on les souhaiteraient éternels.

Luciiole 21/12/2008 19:47


C'est clair ^_^