Sortie de tanière foirée

Publié le par Luciiole

Comme quoi des fois j'ai raison de pas me laisser convaincre par moi-même de bouger de ma maison.

J'avais décidé d'arrêter de ma planquer de la ville.

En fait, ça fait un bon moment que je voulais faire ça. Même si le mode cocon me va bien.

Juste parce que c'était à moitié par peur que je squattais la maison, et que j'aime pas me faire dicter ma conduite par la peur.

 

Donc vint le jour où mon frigo tomba en panne. Il me restait de quoi manger quand même, mais je décidais de prendre ça pour un signe. Et d'aller le soir au resto. Le chinois bon où j'avais été l'autre fois avec Bernadette.

Et j'irai à pattes, parce que le soir est beau et les rues sûres.

 

Sûres oui, mais insistantes. Je m'attendais à devoir décevoir pas mal de ptits vendeurs harponneurs, mais pas tant. 15 ou 20 à la suite, c'est vraiment agaçant. Du coup j'étais assez contente de dépasser les supermachés près de chez moi, parce qu'ensuite il y avait beaucoup moins de monde.

Bon, le resto chinois était fermé. Pas de bol. Je décide de continuer tout droit sur KouliKouro, et d'en trouver un autre au pif. J'en dépasse quelques uns, puis me pose au Relax.

 

Profite des clips des années 60-90 sur la ptite télé, avec les serveurs qui se font un blind-test au passage, c'est sympa, plus sympa que la bouffe qui est pas terrible. Je prends une glace, la première depuis mon arrivée ici. Chocolat liégois qu'au chocolat ^^

 

Je remarque un gars qui se fait virer du resto je ne sais pas trop pourquoi, il venait demander je ne sais quoi non plus au comptoir.

 

Me voilà sur le retour. A peine quelques pas et j'entends qu'on m'appelle, le gars viré justement. Pendant un moment je ne répond pas, parce qu'il balance un mensonge plus grand que lui et que du coup j'ai moyennement envie de savoir ce qu'il veut :

"Madame ! Madame ! S'il vous plaît, c'est le restaurant qui m'envoit ! Ils m'ont dit de vous donner ça !"

Tu parles. Donc je marche, l'autre se colle à mes basques en cherchant une nouvelle approche, me demande si je suis française, ou Italienne, tout ça.

 

Au bout de bon nombre de pas rapides, il est toujours à me faire flic, je me dis que ptêtre en l'envoyant bouler en français ça marchera mieux.

" J'ai juste une question, s'il te plaît !

Quoi ?!

Regarde, j'ai ce papier là, personne ne peut me dire... Moi je suis de Côte d'Ivoire, je viens pour le festival... J'ai ce papier de ma copine, pour avoir de l'argent, mais c'est des Francs Suisse... blablabla.

... J'y comprends rien, et je n'y connais rien non plus

Mais si, tu es française, tu peux venir là...

Non, je vais nulle part, va demander à quelqu'un d'autre

Mais tu es quelqu'un d'autre ! Allez s'il te plaît

Non, je peux pas et j'ai pas envie, laisse moi"

 

 

Il a pas l'air convaincu par la rebufade, puisqu'il se remet à mon niveau quand je redémarre, de plus en plus énervée et un léger début d'inquiétude aussi. D'autant plus quand il me dépasse pour se mettre en travers de mon chemin, je l'évite, et qu'il commence à me pousser légèrement trois ou quatre fois de suite en parlant toujours pour que je l'aide.

 

Et là on dit vive la circulation toujours en forme de KouliKouro, je me cale vers la chaussée où des tonnes de voitures et jakar

tas passent, et il y en a une avec un gars assez imposant qui ralentit près de nous en présageant un problème, vu nos gestes et le ton qui a monté un peu.

Je m'arrête tant qu'à faire vers le motocycliste prévenant, l'autre a pas fini de me saouler

"Mais pourquoi tu veux pas m'aider ??!"

>__< Du coup le m'sieur en jakarta lui dit de me laisser tranquille (ouais, j'vote pour !!), ça marche au bout de la 3eme fois, entre moi qui lui crie carrément dessus maintenant, et lui.

"Mais PUREE je ne connais pas ton truc et je t'ai dit d'aller VOIR quelqu'un d'AUTRE !! Y a PLEINS de gens partout alors LAISSE MOI !"

 

Finalement le connard sort un truc comme : "Allez, va avec ses grosses fesses"

Ce à quoi je réponds : "Ouais bien Lache mes grosses fesses et dégage !"


 

Et enfin il reste sur place pendant que je recommence à marcher. Le motard redémarre doucement pour surveiller, je lui envoie un bon merci, il me sort quelque chose que j'entends pas bien, ptêtre que je devrai me faire raccompagner...

 

Ouais, mais bon, les rues sont sensées être sûres, il est jamais que 21h quoi....

 

Enfin, ça a bien duré 15 minutes, avec l'empafé, et j'peux vous dire que ça passait pas vite.


Du coup, expérience plutôt ratée pour ce qui est de me convaincre à sortir. A pied. Parce que tant qu'on reste dans les taxis, voitures et autres trucs à toubab, forcément ça va. (Et encore)

Publié dans Ephémeritudes

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Commenter cet article

Laurence 16/03/2009 23:02

Ma pauvre louloutte... Tu devrais toujours avoir un stick avec toi ;-))) Tu sais, il n'y a pas que la-bas qu'il y a des imbéciles un peu lourds ... ici aussi... Bon courage.

Kimy 14/02/2009 11:15

>.< compassion. Moi aussi tiens, hier, des gentils gens sont venus à mon secours, on est synchro dans nos anecdotes. Je t'envoie de suite un mp sur le QGFCD pour te mettre au courant des derniers rebondissements. ( boing boing boing )

Jen 13/02/2009 11:32

purée! le relou comme on dit! :/ué la prochiane fois fais toi accompagner ou vaz y en ture^^