Je m'entraîne à quelque chose, ces temps...

Publié le par Luciiole

Me sentir moins coupable de tout.

J'ai tendance à croire chaque fois à fond les gens, quand ils me reprochent quelque chose.
Et les croire vraiment, ça consiste aussi à ressentir dans leur ton toute la déception et la rancoeur du monde qu'ils m'envoient en pleine tête, voir la rage (etc)

J'avoue qu'ici, je n'ai pas tellement de quoi m'entraîner. Les seules remarques un peu acides que je reçois, (c'est pas si souvent) j'en parle à Bruno qui est chaque fois de mon côté et ça désamorce tout. =)

Du coup ça tombe bien, j'ai eu un mail récent pour m'entraîner. Et aussi je repense à beaucoup de situations (professionelles surtout) que j'ai pas/mal digéré, histoire de voir si je pourrai les apprécier autrement maintenant.
Dans l'attitude, bien sûr, rien à faire. Je ne pense pas me découvrir l'envie de répondre à une personne hargneuse qui n'a aucune envie de réfléchir ou d'écouter.

Ceci dit, niveau post-conflit.

Pour chaque occasion, je prends tout ce que la colère en face m'apporte.
C'est à dire que je crois :
Que personne n'a jamais rien fait de plus stupide
Qu'inconsciemment (et encore, ça reste à prouver) j'ai du faire exprès pour emmerder l'autre
Que ça lui pourrit sa journée, sa semaine, sa vie, et même son enfance déjà passée
Que j'ai de quoi me sentir coupable pour le restant de mes jours, réincarnations comprises
Que le pardon n'est pas à considérer pour l'instant, d'ailleur le temps de l'évoquer j'aurai commis une autre monstrueuse faute qui m'aura valu une nouvelle damnation éternelle.





Je vous assure que je n'exagère pas.

Cela pour expliquer ma peur (panique) des conflits.
C'est chaque fois des heures de réflexions qui ruinent toute ma bonne volonté, mon assurance chèrement négociée et mes espoirs d'évoluer vers la perfection.
Cela pour expliquer à moindre mesure mon peu d'initiatives, de plus en plus conséquent, quand je vois que pour chacune d'elles il y a plus à redire avec fougue qu'à observer calement les conséquences.

Or donc, maintenant que je m'en suis éloignée, des engueulades répétitives et corosives, j'ai le temps d'y réfléchir tranquillement. (Bonheur)


J'ai écrit l'autre soir, que face à une accusation personnelle et infâmante, il faudrait diminuer l'importance de la faute avec laquelle on nous assome au moins de 3/4.
Les trois quarts qui comportent l'égoïsme de l'accusateur, sa proportion à exagérer et à en vouloir à la Terre entière en lui trouvant des emissaires, l'habitude qu'elle a pris de me râler dessus parce qu'elle sait que je ne réplique pas, (mince, l'accusateur, masculin... bah, vous transposez, moi j'ai un exemple facile à deviner en tête),  sa mauvaise humeur générale qui a trouvé ce moyen de se défouler, sa propre culpabilité qu'elle masque de cette façon bien pratique, en la refilant.

Je n'ai pas souvent prononcé d'excuses, ni offert mes excuses, pendant que j'essuyais ces orages. De toute façon, ceux qui tonnent n'en ont rien à fiche, ou bien ils n'y croient pas, et ils ont raison.
Pour la plupart des fautes qui me les ont valu, elles n'étaient pas plus grave que le fait de crier ou de feuler pour me les reprocher.



Donc, plutôt que me torturer avec tous les ressentiments que l'on m'offre avec le reproche proprement dit, je tente de balayer les ressentiments et me concentrer sur le reproche. (Et eventuellement sur la possibilité de réparer, ou d'être prévenue pour la prochaine fois si je n'oublie pas)

Ce n'est pas encore instinctif, j'ai pu le constater avec intérêt récement. Et j'ai même du mal à le faire, malgré toute cette réflexion, qui m'est venue à l'occasion.

J'ai fait une étape, en plus de considérer sobrement ma faute, je prends quand même le temps d'évaluer quel impact réel elle a pu causer chez mon accusateur.
Ca reste très subjectif, et mon côté influençable n'aide pas à dégager un bon coup les arguments étayés de l'autre, mais ça se fait.

Ceci dit, quand l'outrage est communiqué par un conflit, je crois que la faute n'est que secondaire, ce qui compte en fait, c'est justement le ressentiment de l'autre. Mais là je ne joue plus, je n'ai pas à m'excuser de la façon dont l'autre ne gère pas et se laisse gagner par l'énervement.

Je dis pas que je vais me mettre à adorer les engueulades, mais peut-être que je ne passerai qu'une journée à me triturer la tête au lieu de la nuit avec.
Work in progress ^^


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luciole 05/03/2009 10:41

Un truc de réflexionnage : Toujours finir le brainstorming par une conclusion au moins neutre, sinon positive. Et le terminer, pas le laisser en plan, le remue-méninge. Genre : "Bon ok, j'suis lâche et pas douée, mais quand même moins qu'avant." ^^ (Vécu) De toute façon si tu restes dans l'enfoncage ça ne donnera que de nouveaux réflexionages épuisants, alors que les conclusions te libèrent au moins pendant un temps.

Lujena 05/03/2009 09:39

wouawouh... Je t'admire, une fois de plus, face à ce travail de reflexion.Un travail de reflexion qui te permet d'avancer, en plus.Moi quand je reflexionne, je repars en arrière, je broge encore +, etc etc.. Je m'enfonce quoi.Jvais essayer d'appliquer ta technique du coup ^^

luciole 02/03/2009 22:45

"Je me sens coupable, ok, mais tout ce que j'ai à me repprocher, c'est d'avoir été moi même jusqu'au bout, quitte à faire mal aux autres pour ne pas avoir mal moi." Tu te rends compte comment t'as progressé, toi ? Tu faisais presque l'inverse avant ^__^

Kimy 02/03/2009 12:10

Je vote pour. D'ailleurs, je crois que tu as so raison, à ce sujet. La faute est à diminuer de trois quarts, et c'est plutôt bon d'évaluer l'impact réel plutôt que l'impact que l'on cherche à nous faire assumer. Les gens - et c'est sans doute normal - cherchent en hurlant à se débarrasser aussi de leurs propres angoisses même si elles sont irréalistes, même si elles ne se réaliseront jamais. Ca marche jamais pour eux, mais sur l'interlocuteur, surtout celui qui n'aime pas les conflits, c'est une très bonne manière de provoquer la culpabilité. Moi j'y repense forcément à cause des "problèmes" actuels, et je tente aussi de lutter contre moi même, pour ne pas céder, pour ne pas faire d'excuses, pour ne pas limite donner quelque chose en réparation. Je veux arrêter de croire et de faire croire aux gens que je quitterais Zu simplement si on me le demandait ou s'il me trompait. C'est pas possible, ça marche pas comme ça. Je me sens coupable, ok, mais tout ce que j'ai à me repprocher, c'est d'avoir été moi même jusqu'au bout, quitte à faire mal aux autres pour ne pas avoir mal moi. Le reste, le futur, les menaces de suicides, les menaces de mort, les menaces tout court, et le " j'ai ma vie complètement foutue à cause de toi ", c'est pas de mon ressort. ( bzoing, bzoing. )L'impact réelle : L'homme qu'elle accusait d'harcélement moral va la quitter, elle va devoir réapprendre à vivre en célibataire, et se soigner pour comprendre que sa vie lui appartient, qu'elle en fait ce qu'elle veut et que ça n'est pas aux autres d'assurer son bien être. Même si c'est dur à accepter après avoir longtemps vécu dans le confort.  Je sais cependant être fautive, mais pas autant qu'on cherche à me le faire croire. Na. Si elle se rend malheureuse, j'y suis pour rien. Re-Na. Si elle s'appitoie sur elle même, c'est pas moi qui la pousse à pleurer sur son sort, bien au contraire. Re-Na-Na. Luttons contre l'auto-culpabilisation !