Voyage décousu

Publié le par Luciiole

Tous les voyageurs sont solitaires et égoïstes. S'ils ne sont pas solitaires, ils sont profondément égoïstes. Ils sont donc libres.

Si la liberté est de s'oublier et de penser aux autres, ils le sont encore. Parce qu'ils sont égoïstes à leur encontre même.

Je reprends en transposant.

 

Je suis une voyageuse solitaire et égoïste. Si je ne suis pas solitaire, je suis profondément égoïste. Je suis donc libre.

Si la liberté est de m'oublier et de penser aux autres, je le suis encore. Parce que je suis égoïste à mon  encontre même.

Et pourtant c'est après l'humanisme que je marche. Je vis dans la certitude d'être en accord avec moi-même, avec cette partie dynamique de moi, celle qui décide de mes envies. Si ailleurs une voix s'élève disant que ce n'est peut-être pas le cas de tout mon être, elle ne s'élève jamais assez fort pour changer quoi que ce soit.

Il faut suivre quelque chose, parce que tous les chemins sont à créer et donc déjà tracés. Qu'aller nulle part sans raison doit être trop inconsistant. Aller partout ouvert à toutes les raisons y ressemble, mais il y a au moins l'envie.

 

Je me plais à penser que je fais seulement ce que j'avais écrit il y a longtemps. "Moi si je te perdais, je ne ferai pas plus rien, je ne me tuerai pas, j'irai Voir."  Faute à Alexandre le Bienheureux. J'ai pioché toute ma curiosité dans les films et les livres, et je ne l'entretien que par les mots que je lis et que j'écris. Si j'avais été dans la Caverne de Platon, à contempler les ombres, je m'en serai satisfaite. Je vais Voir d'autres ombres, dans d'autres cavernes. Pas de ciel infini pour l'instant.

 

Je bouge pour travailler, je bouge pour bouger, je travaille pour bouger. Tout ça alors que j'ai décidé il y a des années que c'était Aimer, le plus important. A défaut de vivre pour quelqu'un, je vis pour ma vie. Je me sens depuis peu nettement plus septique envers ma capacité à trouver quelqu'un qui pourrait remettre ça au goût du jour. L'amour me rend immobile, et je ne supporte pas de m'imaginer immobile, ces temps ci. Alors il faudra attendre que je m'épuise avant d'y repenser. Ou bien, il faudrait un amour vif, plus vif que moi ou au moins autant, sans être trop impressionnant. Pas trop, juste assez. =]

Alain écrivit : "Quand les grimpeurs observent de loin la montagne, tout est obstacle. C'est en avançant qu'ils trouvent des passages."

Pour moi l'amour c'est comme la montagne et je l'observe de loin. Je ne veux pas avancer parce que de loin ça ressemble à une montagne de glue. Et je ne suis pas douée pour y trouver des passages, je n'ai pas le courage de les chercher.

Il faut d'abord que la montagne m'interpelle, d'un coup me fascine, et là je pourrai bien tacher de la gravir même sans trouver aucun chemin. Au pire que je m'englue et d'un coup ça ne me dérange plus ^^

 

Je cherche donc une montagne fascinante et vive et drôle aussi, d'un humour de montagne ^_^

Fastoche.

 

Certains penseront que j'ai perdu le fil conducteur du texte ? Si vous ne me connaissez pas sûrement. Et pourtant, je ne lâche jamais les fils, je les emmêle juste pour former un noeud d'essentiel. Il s'avère que l'essentiel de mes pensées du moment ne va pas aux voyages, mais à l'amour. Et de toute façon, le texte voyage lui aussi, soutenant ainsi de lui même le thème premier. Nère.

 

Flirter sur le net, je trouve ça sympa, même si j'en fais pas une activité régulière. Par contre en live, ça m'agace à chaque fois. Je perds la notion de jeu, ça devient trop sérieux et prévisible. Et on se retrouve avec un bras plaqué sur les épaules, qui porte déjà une somme d'attentes qu’on n’a aucune intention de combler. Plus qu'à filer doux et piocher une remarque de libération.

"Ton copain ça fait longtemps qu'il t'attends non ?

- Tu veux que je lui dise de partir ?

- Ben, tu pourrai partir avec sinon ?"

 

C'est pas tellement démago, mais je vous jure que ça ne suffit pas à éloigner définitivement le bras insistant (et peu susceptible)

 

Moi je veux comme Loic Lantoine dit. Et comme DieuGrill dit. Avec quelques subtilités en plus pour que ce soit marrant, et que les autres ne soient pas trop au courant de la perfection de cet individu là.

 

Mais j'ai trop de la chance, parce que j'en connais déjà, pleins pleins. Des individus parfaits. Je ne sais pas tous ce qu'ils deviennent, d'accord, mais je les connais. Même, y en a qui me connaissent aussi et ça c'est encore plus balèze. Et j'aime déjà, plein plein.

Question donc, si ce n'était pas le cas, si je n'aimais pas et que je n'aimais pas ma vie non plus – allons aux extrêmes, est ce que je voyagerai ?

Réponse (après réflexion), on s'en fiche, c'est pas le cas.

 

Vous savez ce qui est parfait ? La nuit, quand un gros bruit dérange le sommeil pourtant pas si léger, un bruit identifiable mais que je refuse d'interpréter pour lui ôter son air dangereux (camion bruyant, coups de travaux...), et bien c'est de n'avoir qu'un mouvement à faire pour se planquer auprès de quelqu'un. Qui ne s'en aperçoit même pas, et qui ne risque pas de faire attention au bruit somme toute banal. Pas grave, il fait bouclier involontaire, et on peut se ficher du bruit qui bat en retraite.

C'est ça, qui me manque. En ce moment. Oui la rue collée au mur est bruyante. =)

Du coup à la place je serre le poing, prête à bondir au combat, et je dois avoir l'air impressionnante parce que le bruit s'en va aussi. Mais c'est moins chouette comme ça.

 

Aucune conclusion. Je suis depuis des soirs en pleine bagarre de fils, et j'ai beau avoir repéré les noeuds, je n'ai pas envie de les défaire. La chaleur n'aidant pas, j'ai largement du mal à dormir et maintenant je peux enfin témoigner en connaissance de cause : l'insomnie, c'est super relou. Du coup c'est la pagaille dans les pensées, surtout à ces heures là où après avoir beaucoup lu et attendu le sommeil je le découvre trop faible pour l'emporter sur... l'attente du sommeil. Et ça tourne, des fois je les laisse en autonomie et je n'écoute même plus ce qu'elles racontent. Parfois il y en a une qui me fait éclater d'un petit rire, d'autres fois j'en repère une qui serait intéressante à développer, mais elle est bousculée par la foule et je l'oublie aussitôt.

 

En fait je prolonge mon rêve, celui de PARTIR, et de voir,  parce que je n'en ai plus d'autres en réserves... Fut une époque où j'avais perdu celui là aussi, alors tout va bien. Je l'avais classé dans les Akoibons. A quoi bon partir, puisque c'est Aimer, que je veux. Heureusement que j'ai retrouvé l'intérêt de l'intérêt des choses. Pour voir, pour essayer et pour savoir ce que ça donne, et tout ça à quoi bon ? Parce que c'est marrant. Heureusement que j'ai envie de jouer de nouveau pour le fun.

Du coup la suite ? La même, celle d'O'Malley. Ou du ramoneur de Marry Poppins (playlist Disney) : "Pour avoir de la chance prend ta chance telle qu'elle vient". Oui, et surtout garder les yeux ouverts sur elle. Parce que j'en ai à revendre, de la chance, du chaos, des surprises et tous les noms que vous voudrez lui donner. Supercalifragilisticexpialidocious !

 

Je me suis rendue compte que mes rêves, il me suffisait de les réaliser une fois pour être quitte avec moi même. Genre voler. C'était le plus mieux bien possible, ça n'est pas pour ça que je vais me démener pour recommencer. J'attendrai plutôt une occasion toujours possible qui me heurtera le front comme elles savent bien faire. Moi je ne suis tenue d'aider que pour la première réalisation. En fait, je peux assez y repenser pour ne pas avoir besoin de le revivre, si c'est compliqué (ou cher pour l'exemple choisi). Je n'ai pas envie de sacrifier grand chose à une chose en particulier, j'aime mieux trouver toujours de nouvelles idées.

Alors bien sûr que si, il faut faire de sa passion son travail, pour avoir à coeur d'en trouver d'autres, de passions. Si je ne bossais pas avec les chevaux, je ne serai dévouée qu'à pouvoir m'en rassasier. Du moins, c'est possible.

Il n'y a pas grand chose dont je ne puisse me passer. Je crois que j'pourrai me passer des chevaux, j'y ai déjà pensé. Je pense que je pourrai me passer de musique, tout comme je me passe de la pluie. En exultant de joie à la revoir, mais sans y penser tout le temps entre nos rencontres. De toute façon j'ai de la musique plein la tête, c'est beaucoup plus facile à retrouver que la pluie.

J'aurai du mal à me passer de mes souvenirs. Remarque, ça ferait des pensées toutes neuves ^_^ Sans la peuplade qui les habitent, sans références. On pense beaucoup quand on n'a aucun souvenir ? Si on n’a pas non plus l'intuition de les avoir perdus, s'entend. On doit se contenter d'être attentif à ce qu'il se passe, mais il ne passe pas beaucoup de temps avant que des souvenirs neufs s'incrustent.

Si on imaginait quelqu'un sans aucune mémoire ? Rien ne se fixerait de ses interprétations du monde. Déjà, il y a des chances qu'il ne survivrait pas longtemps. Le feu ça brûle. Tiens, c'est joli ces couleurs qui dansent... L'eau est mouvante. Ah, je vais sauter sur ce miroir bleu pour atteindre le chemin là bas.

Bon j'arrête. Ca me rappelle Croc-Blanc, en fait. Les expérimentations du louveteau, un passage que j'ai adoré. Empirisme powa.

 

Mhh, voyage ?

Je ne suis pas en voyage ici. Je vis ici. Je ne parle en aucune façon d'intégration. Ce n'est pas mon but. Il faut vouloir s'impliquer beaucoup, pour tenter de s'intégrer. Ou bien vouloir en imposer ailleurs. Moi je suis là en observatrice, et je n'ai personne à impressionner ailleurs. C'est risible, les symptômes d'intégration... "Il FAUT avoir un nom malien !! C'est important pour l'intégration !" Bien sûr. Après on est cousins, (la preuve je suis la cousine de Bari, l'ex-berger, marchand de perles)  et hop notre âme s'en trouve toute enorgueillie. Tss.

N'empêche que je vis ici. Je travaille, je lis, je me laisse impressionner par l'ambiance (littéralement, impressionner : Affecter la sensibilité, les sens, de manière à provoquer une sensation.), mais je ne cours nulle part avec baluchons ni appareil photo, parfois seulement je me dis que je devrai, (déjà pour pas me faire engueuler au retour par les français qui EUX savent visiter un pays) sauf que je n'ai pas envie. Je ne voyage pas, je vis ici. (ter)

 

Le voyage, c'est de laisser toute chose pour rester avec soi-même. Et voir ce qu'on en trouve à dire. Des regards neufs. Savoir que ce n'est pas l'espace mais le temps, qui ne permettra pas de retrouver quoi que ce soit exactement pareil au retour, si retour il y a. Quitte à ce que tout change, autant faire un écart qui n'aura en fait que peu de conséquences. Pour voir, pour rire. Pour satisfaire cette idée d'enfance, "un jour, j'irai en Afrique".

Et un jour, j'irai voir les grands canyons. Pas parce que c'est beau, ni parce que ça fait classe, mais parce que Abbey en a parlé, écrit, et que je me passionne pour des passions qu'on me raconte bien. L'Afrique ? C'est Kessel =)

 

"Ah, tu n'aimes pas Bamako ? ... Faut aimer la musique je crois.

- ? ... "

 

La musique ? D'accord. Donc je n'aime pas la musique. Ca doit être une somme de chansons que j'aime, seulement. Je n'ai pas demandé d'explications, j'aime bien garder des phrases mystères, ça alimente les insomnies. =)

Et non je n'aime pas la musique de Bamako. "Toubab, toubab !!"

Maintenant que j'ai réalisé cet ancien rêve, il se met à être pointilleux. "Non mais d'abord, moi je suis un rêve de Kenya, pas de Mali, alors ça compte pas" Mais j'ai vu l'Afrique, et je n'y resterai pas si je peux aller ailleurs où aucun rêve ne me guide.

 

Les rêves qui n'en deviennent qu'une fois qu'on les a vécu, ils ont au moins le mérite de surprendre :  Si j'avais su, j'en aurai rêvé bien plus tôt, bien plus fort.

Mais on ne saura jamais tout, hourra hey.

N'empêche, je me demande si mon épaule a été revendue. (Pas une des deux miennes)

 

Je me demande pleins de trucs.

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