J'aime pas, me compliquer la vie.

Publié le par Luciiole

Les dimanches en groupe, devoir revoir les habitudes du maréchal ferrant qui travaille avec le club depuis tellement plus longtemps que moi, parler des évènements sans que ça ne change rien à la façon dont ils se sont produits, chercher toujours l'amélioration - aussi salutaire que cela puisse paraître, je n'aime pas franchement non plus.

 

Je dois défendre régulièrement face aux gens le fait de me contenter autant de ce que j'ai, de ne pas courir après ce qu'ils ont eux... Ce qu'ils présentent comme indispensable, normal, quasiment vital.

Une fois que j'ai fini de parler un peu et de me taire un peu plus pour leur dire que vraiment, je peux faire sans, ils gardent dans les yeux une dose de scepticisme, m'attribuent souvent ma fameuse circonstance atténuante : "Mais c'est vrai que tu es seule, c'est plus facile"

 

Et oui.

Poum Poum Pidoum.

 

"Il ne faut pas marcher dans la rue comme ça, il faut prendre un zem !" me dit un des mécanos de la rue. Et effectivement, à part les vendeurs de balais, de lunettes, de ceintures, de prises, et autres, je ne croise personne qui marche juste pour aller d'un point à un autre, par là où je passe...

Je n'habite qu'à 15 minutes de mon boulot, à pied donc. Tout du long j'ai maintenant les gens installés dans leurs guitounes qui me reconnaissent, me souhaitent bon retour le soir quand je les retrouve au même endroit en passant. (On oubliera l'abruti de gardien volontairement).

J'aime bien ne plus me retrouver rouge et transpirant beaucoup arrivée à destination maintenant, comme c'était le cas au début. Je ne dis pas que je ne serai pas contente de récupérer un moyen de transport.

 

Je n'aime pas non plus, redemander des choses aux gens. Pour moi, s'ils ne l'ont pas fait à la première demande, c'est qu'ils n'ont pas envie ou pas assez d'intérêt à s'en rappeler. Tant pis. Du coup, j'aime bien faire les choses moi-même, mais pas PLEINS de choses, puisque... j'aime pas me compliquer la vie ^^

 

Je pense parfois que j'ai raté pleins d'opportunités fun "à cause" de ça.

Mais j'accorde assez de prix à celles que j'ai effectivement vécues que ça ne me dérange point du tout, sans mentir. Quand même, j'ai volé (dans les airs...), croisé des tonnes de bestioles, je suis en Afrique avec mon chat, je connais pleins de gens parfaits, tout ça !

 

Bref.

Le fond de l'article, c'est que je me contenterai bien d'un boulot qui se composerait uniquement de : m'occuper des chevaux, m'occuper des cavaliers, proposer des activités marrantes.

 

Gérer un club, oulà... je disais "ça ne m'intéresse pas du tout pour l'instant" il y a quelques années. Maintenant on peut ôter le "pour l'instant" ^^

 

Alors bon, ce n'est toujours pas le cas, mais là déjà je suis au centre de bien plus de discours et d'attentions que je le souhaiterai.

 

Rester au dessus oui, et de toute façon dans mon cartons d'emballage j'ai avec moi le calme et l'habitude de relativiser assez.

Il n'empêche, toutes les autres années je pouvais observer de côté et sourire quand je le voulais des gens et de leurs appétits, de tous les faux discours volontaires ou inconscients qu'ils tiennent à longueur de temps et des idées pas mal engluées qu'ils critiquent chez les autres en excusant les leurs.

 

Maintenant c'est à moi d'empoigner mon sabre pour des duels quotidiens, sabre magique qui n'attaque qu'à coup de formules encore plus neutres qu'elles n'y paraissent.

Oui - Non, c'est vrai - Je comprends bien - C'est vrai que ça devait pas être terrible... - Oui il à l'air sympa.

 

Je me souviens d'un exercice de communication justement, où l'on jouait le rôle d'un client fâché et d'un moniteur...

Pendant notre formation de moniteurs, donc. L'exercice était proposé par Xavier, un gars vraiment cool et connaissant bien le milieu sportif, mais pas les clubs en particuliers.

La fille qui jouait le rôle de l'enseignante, après avoir laissé crier un peu le client et louvoyé, s'arrangeait pour un compromis.

 

Xavier était surpris qu'on soit tous d'accord avec ça, plutôt que de rester solide face au client et de l'envoyer bouler en quelque sorte. "C'est vous les professionnels ! Vous faites votre travail, il n'y connaît rien, il ne faut pas vous laisser démonter ou même céder comme ça" Devant notre réponse unanime, il a fini par dire qu'effectivement, c'était peut-être particulier dans les centres équestres. ^^

 

J'ai l'impression de changer de couleur selon les différentes personnes auxquelles je parle, pour le travail.

 

Pas par nuances, non, d'un coup.

Genre le matin, du vert pomme avec quelqu'un, puis gris brillant (ouais, j'invente alors j'ai le droit d'inventer des couleurs bizarres !) avec une autre au téléphone, et le soir même me retrouver toute bleue avec une dernière (pour la journée).

 

Le tout bien sûr en parlant des mêmes événements ou situations, avec des interprétations bien opposées selon la couleur.

 

Pas de nuances, parce que je ne tiens pas à ce que les autres couleurs sachent exactement ce que m'ont dit leurs adversaires.

Normalement, je devrai récupérer et garder une couleur à moi, non ? Oui... Mais pour l'instant je n'y parviens pas.

Et c'est épuisant.

(Enfin, je suppose que j'en ai une, mais je ne la perçoit pas du tout)

 

Pas seulement au moment où je suis dans ces dialogues, mais aussi dans les moments "de paix", parce que je repense aux derniers en essayant de mesurer ce qu'ils impliquent et dans quelle mesure je pourrai continuer à contenter ces visions toutes distinctes.

 

Alors ouais, heureusement qu'il y a ces moments où je suis plongée dans l’œil d'un cheval qui tourne en longe et qui m'offre une concentration silencieuse.

 

"Tranquille la vie!" m'a-t-on dit parce que jeudi après midi je n'avais que deux reprises, de 19h à 21h.

Certes...

Un petit sourire de connivence pour dire que oui, c'est vrai, j'étais la plus vernie des filles avec des horaires si cools, je n'ai rien répondu.

 

Je ne cherche jamais à reprendre les gens qui trouvent que mon boulot est tranquille.

Parce qu'il ne l'est pas, mais génial, si.

 

Alors je ne tiens pas à m'en plaindre en quoi que ce soit.

 

 

Je ne suis pas assez vindicative, ambitieuse, dynamique, extravertie, bavarde, décidée à conquérir mon bout de monde, pour ce que vous attendez de moi.

 

Alors, ce sera à vous de vous contenter de ce que je peux vous donner. =)

 

 

Et POURQUOI les gens ne marchent-ils pas dans les rues ?

J'aime toujours autant la sensation du soleil sur mes bras, trop présente pour se faire oublier, et voir des scènes en passant que j'oublie aussi vite mais qui m'interloquent parfois et me font sourire toujours, et revoir ces fleurs blanches et violettes mêlées.

 

De toute façon, j'ai bien sûr des tonnes de choses à penser et à préparer, j'en aurai toute l'année, et il paraît que c'est comme ça que ça marche ... ^^

Mais voulez vous savoir la seule chose d'importance à laquelle j'ai pensé en ce dimanche ? J'ai pensé que j'avais bien envie de revoir Saïd aux grands yeux.

Ceci dit, ça, c'est pas possible, donc j'ai décidé qu'avoir de ses nouvelles serait parfait.

Alors je lui ai envoyé un sms, un sms aux couleurs qui ne cherchent pas à être décrites.

Publié dans Ephémeritudes

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