Hmm... Je ne sais pas par quoi commencer...
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Ces soirées, peut-être. J'ai eu la chance de vivre avec elle à Vaulx, donc à l'époque où nous avions une maison là-bas. La maison étant située dans un chemin sans issue, on y voyait pas grand monde dans le meilleur des cas, surtout le soir et la nuit.
C'était l'heure de nos promenades. Escapades. Généralement, j'attendais avec autant d'impatience qu'elle que tout le monde songe à aller se coucher. C'était bien plus drôle quand ça se faisait en semblant de clandestinité. Alors l'objectif était de sortir de la maison sans le moindre bruit.
Quand je traînais trop, retenue par un membre de la famille qui restait trop longtemps en bas, la complice dehors venait me chercher en miaulant.
Tenue variable, mais pieds nus, toujours. Habitués à fouler la terre du jardin comme le goudron moins agréable de la ptite rue.
Selon les périodes, nous étions accompagnées ou non. Nous étions les seules à connaître instinctivement le moment, par contre. Alors elle partait devant, passait sous la haie de sapin. Jalouse, je me contentais piteusement de gérer les grincements du portail. (Sous les sapins j'aurai pu passer, c'est pas quelques épines qui m'auraient arrêtée, mais y avait en plus une discrète et solide barrière)
Puis c'était la rue, avec trop de lumière mais la chance de pouvoir apercevoir des chauves-souris chasser vers le moche globe lumineux.
Faire semblant d'avoir peur des voitures, même si le fait d'être découverte au sol sur le goudron avec mes chats n'était pas une considération si inquiétante. Juste pour avoir à tendre l'oreille, jouer à savoir qui s'alarmait le plus vite. Quand on était toutes les deux en alerte, j'opérais parfois une retraite stratégique le temps d'être sûre que personne ne venait à ces heures indues.
C'est magnifique, un chat en alerte, parce qu'il y a une tension palpable, une multitude de possibilités qui se résoudront en un temps infiniment court, par un démarrage ou un calme soudain.
Selon les périodes, donc, on était de temps en temps épiées puis suivies voire même attaquées par de jeunes délinquants juvéniles. Mais généralement, les chattons semblaient observer seulement notre étrange manège. Ils disparaissaient dans les arbres puis apparaissaient de nouveau en quelques bonds énergiques.
De notre côté, niveau action, c'était limité. Bisou se roulait quelques fois par terre, au début, pour une fois demandeuse de caresses. Ensuite on marchait un peu, vraiment peu, juste de quoi savoir qu'on se suivait de toute façon, qu'elle que soit la direction que prenne l'une ou l'autre.
Puis assises ou couchées, là, au milieu de ce chemin goudronné, nous profitions de la nuit. Heureuses d'être là toutes les deux, ensemble, d'observer les chattons ou les étoiles.
Avant ça :
C'était après Cachou et Mistoufle... Après Bazouka et sa clique aussi, je crois. On n'avait pas grand monde à la maison, à l'époque. Aucune bestiole officielle, en tout cas. Seulement les vadrouilleurs occasionnels.
Est arrivé une matinée de soleil un visiteur que je n'avais encore jamais vu. Petite, musclée et en bon état. Elle n'a pas hésité longtemps... La porte fenêtre de la terrasse était ouverte, les gens à l'intérieur de la pièce un simple détail.
Elle est entrée. Ma sœur était devant la télé et moi occupée à regarder ce nouveau chat vagabond. Rien de spécialement étonnant à l'intrusion, quantité de chats traînaient dans le coin. Mais elle avait cet air sûr d'elle qui me plaisait bien. Visite rapide du salon/salle à manger. Je me suis présentée, mais elle ne faisait pas grand cas de nous. Elle est repartie peu de temps après.
Les jours suivants, elle fit de brefs passages identiques, avec pauses pour profiter du lait que je lui offrait, ainsi que quelques grignotages. Finalement, elle passa de plus de plus de temps dans le jardin, puis dedans. Bisou ce n'est pas un nom tellement joli, ni même approprié. Mais ce n'est pas des questions que je me pose. Les noms viennent naturellement, et celui là s'est présenté pour elle.
Les autres membres de la famille se sont aperçus au bout de quelques semaines qu'on avait de nouveau une bestiole à domicile.
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De tous les chats qu'on a eus, il y en a peu que nous nous soyons attribués. Il faut dire qu'il y en avait bien assez pour tout le monde. Mais Bisou, c'était près de moi qu'elle vivait. Pas à surveiller, du tout, juste une conviction personnelle. Enfin, pas que. C'est quand même chez moi qu'elle montait ses petits, quand on voulait qu'elle les laisse dans le coin aménagé au garage.
Les chattons, c'est une des caractéristiques de Bisou... Elle a été d'innombrables (pas innombrables, plutôt innombrées, mais ça ne se dit pas) fois mère, grand-mère, et pour le stade suivant, je le suppose facilement. Quand je pense à elle, c'est la plupart du temps avec un ou quelques uns de ses chattons. Sans exagérer, on a du en avoir... *tente de compter un minimum* ouais, une trentaine. Pas à la fois, hein ^_^
Par groupe de quatre à six, ils débarquaient. Généralement quatre ou cinq. En fait elle n'a fait qu'une seule fois une portée de six chattons, c'est quand Joe, une de ses filles, au même moment, faisait également le même nombre de chattons. La maison à été plutôt dynamique, à ce moment là... C'était trop bien. ^_^
La majeure partie des petits était noirs, ou tigrés. On attendait un moment avant d'espérer les reconnaître, les deux ou trois noirs qui arrivaient en même temps.
Le premier de ses chattons qu'on ai connu, en fait, n'est pas né chez nous. Elle l'a ramené une fois qu'elle a eu pris ses marques. J'ai l'impression de savoir d'où, une maison du quartier, mais je ne suis pas sûre et je m'en fiche. Lucky avait un joli poil mi-long, tigré, et il ne remuait pas beaucoup. ^.^ Parfois je partais le matin, lui étalé sur un lit, et je le retrouvais exactement dans la même position quelques heures plus tard.
La seule époque où il s'est trouvé très occupé, c'est quand Bisou a fait la portée suivante. C'était trop chou. Il jouait le grand frère à fond, au point de déplacer les petits sans l'accord de leur mère XD Mais surtout les gardaient quand elle voulait s'en aller, et supportait avec un regard magnanime les agissements de la marmaille adorée.
Parmi ces ptits trucs il y avait Joe, puis les autres daltons, qui furent rebaptisés par la suite. ^^ Jack > Mozart, William > Eclipse, Avrel > Minuit. Ensuite ils durent encore changer de nom, puisqu'on les a donné. Seul Joe est restée, (le fait qu'elle porte un nom de mec n'a jamais dérangé personne. Ce n'est que plus tard que l'on regardait le sexe avant de décider du nom) pour longtemps. Ca doit être celle qui a vécu le plus longtemps avec nous, après Bisou et sans compter les visites annuelles de Mistoufle.
Pour le reste de l'énumération, je vous l'épargne, surtout que je ferai d'autres articles pour certains. ^_^ On essayait de les donner à chaque fois, parce que ç'aurait fait un peu beaucoup, sinon.
Avec Brailleur et Regliss (... sans certifier pour les chattons)
Quelques voyages épiques à
la Doua , pour attendrir les parents qui amenaient leurs gosses au poney ou au cheval... Ca marchait pas mal, ça. (Sauf avec Tarzoune, mais j'en reparlerai ^^ ) Certains qu'on gardait quand même partaient au bout d'un moment vers les horizons inconnus.
Cette situation me convenait bien, moi. On les revoyait vadrouiller parfois.
Bisou n'était pas spécialement câline. Indépendante, sauvage pour faire classe. Débrouillarde... Arf XD
Un jour, je la vois débarquer de la haie avec quelque chose dans la gueule... Par curiosité je tente toujours de savoir ce que c'était, oiseau, souris... Arf (bis) Cette fois là elle avait carrément chopé une petite escalope de viande tout juste cuite à point... Pas chez nous, donc. Il y en a qui ont du se partager une part, somewhere in the quartier ^^
Elle chassait bien, ma fille. Un autre jour j'entendais des oiseaux s'énerver comme jamais, dans le jardin. Je suis descendue m'enquérir de leurs revendications, mais en fait c'est contre Bisou qu'ils en avaient. Elle avait du choper un petit et deux hirondelles en furies descendaient sans relâche en piqué sur elle. Sans daigner leur accorder une bataille, elle était couchée dans l'herbe et attendait l'abandon de l'autre camp.
Par contre, même en chasse, elle m'écoutait ^_^ Enfin, parfois... En tout cas j'ai récupéré parfois quelques bestioles amochées mais pas mortes, généralement je les laissais quand même à leur merci vu que je n'aurai pas su quoi faire pour elles et de toute façon, les piafs n'avaient qu'à pas se laisser attraper. A cette époque, tous les lézards qu'il nous arrivait encore de croiser se baladaient sans queue... XD Mais bientôt on en a plus vu du tout...
Crème avait pas peur ^_^ Elle était un peu inconsciante, cette bestiole aussi... (La souris crème/blanche qui se balade devant Bisou, donc). Bisou avait envie de partir, là, vu qu'elle savait bien qu'elle avait pas le droit d'y toucher à la ptite, et que ça l'agaçait les pattes de souris qui venaient chatouiller son dos, mais je lui avais dit d'attendre.
>>La photo<<
Indépendante mais m'incluant dans ses libertés. Elle m'accompagnait tous les matins jusqu'à la rue passante, quand je partais bosser. Parfois ça me retardais, l'au revoir du matin... Ben oui, quoi. Et généralement, elle m'attendait les soirs, ou bien je sifflais deux ou trois fois avant de la voir débarquer de l'une ou l'autre des haies du quartier.
Puis...
On a déménagé. A ce moment là il y avait encore deux ou trois chats à la maison, dont Bisou; pour les autres, c'était des chattons, qu'on devait laisser aux nouveaux arrivant.
Je n'étais pas là pour le départ de la maison ni l'aménagement dans l'appart. Ca s'est fait en juillet, et je travaillais tout le mois dans une colo, à faire le ménage, servir les repas, bronzer au bord de la piscine et autres activités aussi effrayantes. Il était convenu qu'on embarquait Bisou au nouvel appart.
Conversation au téléphone, nouvelles du transfert de vies d'un lieu à un autre. Tout était à peu près fait. J'avais de toute façon un mauvais pressentiment. Je ne vais pas m'amuser à récrire la conversation comme je pourrai m'en rappeler, je ne m'en rappelle que trop bien. Dans l'idée, j'ai demandé des nouvelles de Bisou, et après un silence de préparation psychologique ma mère m'a dit qu'elle ne l'avait pas emmené. Excuse bidon invoqué sur le coup, qu'elle ne l'avait pas trouvé le jour même. Pfff. J'étais effondrée dans mon coin paumé, loin de ça, loin de la mesquine traîtrise. Loin de Bisou, que je ne reverrai donc jamais.
Des inquiétudes, à l'autre bout du fil, des explications qui ne servaient à rien, justifications haïssables. Bien sûr que ça allait aller. Je vais toujours, moi. Même quand on m'enlève mon âme, la preuve. Ouais, au revoir. Je ne sais pas combien de temps j'ai pleuré.
En tout cas, depuis, plus de bestioles. Si, en ce moment un escargot paumé dans ma chambre, il hiberne je crois. Un lézard clandestin de
la Doua , pendant 2 jours avant que j'aille le relâcher dans la cours de l'immeuble.
Mais surtout, plus elle. Je ne m'en remettrai jamais et je sais que c'est bien la seule chose qui ne passera pas, malgré cette autre qui me prend la tête depuis des mois et des mois. Ma mère le sait, je le lui ai écrit il y a un bon moment. Je suppose que les remords sont supportables, surtout qu'on en parle plus depuis des années. Je m'en fiche, de toute façon (que les remords le soient ou non, donc).
Je ne me fais aucun souci pour Bisou, c'est une Sage. Et si elle ne m'a plus vu, elle a fait sans. Sa vie a de toute façon été parfaite.
Et merci de m'avoir permis de la suivre un moment, ma fille.
Ils ont dit ...