Humeur du soir bonsoir
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Elle vient parfois s'asseoir à côté de moi pendant que je zone sur l'ordi.
Possible qu'elle ai quelque chose à me demander, genre un scan, ou autre.
Mais souvent non.
Elle se pose et regarde.
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Je ferme des fenêtres, en ouvre mécaniquement d'autres. Ne la regarde pas.
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J'essaie d'imaginer ce que je devrai faire.
Lui commenter ce que j'étais en train de faire ?
Lâcher l'écran et me tourner vers elle ?
Un sourire passerait probablement bien.
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J'attends.
De voir ou d'entendre ce qu'elle peut bien vouloir.
Patiente en regardant des sites que j'ai déjà visité quelques minutes auparavant.
Laissant clignoter les fenêtres d'msn, en bas.
Une fois elle s'était carrément mis à lire l'une d'elle, avec Danette je crois.
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J'avais du fermer ladite conversation un peu trop sèchement :
"-Oh, pardon, je ne pensais pas que c'était confidentiel...
- Pas spécialement mais je n'aime pas qu'on lise.
- Ah oui et comment tu fais quand tu es dans un groupe ?
Tu empêches les autres d'entendre ce que tu veux dire à l'un d'eux ?
-..."
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Je ne parle pas, quand je suis en groupe. J'écoute.
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De toute façon, ce n'est pas le sentiment principal de ces moments là.
Il y a ses yeux, sur l'écran souvent donc, mais aussi qui m'observent observer l'écran.
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Ces regards je les croise (mais ne les affronte jamais) aussi à d'autres moments. A table, puis en d'autres occasions. Je ne sais pas ce qu'elle se dit. Mais elle doit sincèrement penser ce "Heureusement que tu es là" adressé en passant à ma soeur hier. Je pense aussi qu'heureusement qu'elle a ma soeur.
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Il y a des périodes où je prends mal chaque truc qu'elle dit ou fait. Pendant lesquelles ses manières m'agacent, les répliques trop prévisibles qu'elle emploie, le système de pensée trop connu. Je crois que je suis dans une de ces périodes.
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Je tourne autours du pot mais ces regards, je les entends. C'est une foule de questions qui se pressent derrière les prunelles. Elle cherche à décrypter, à saisir un instant ce que je peux bien penser, ou peut-être simplement constate que ça ne change pas. Un mur, pour ceux qui me connaissent vous savez la froideur dont je suis capable, en ces occasions c'est carrément poussé à l'extrême.
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(En fait je ne sais pas. Tout est perception, de ce que j'écris hein.)
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Pas volontairement, juste que je ne peux pas. Changer de comportement, maintenant. Et c'est celui d'étrangère que j'ai adopté au fur et à mesure. Ca ne me peine pas, mais me frustre un peu, de ne pas pouvoir partager à moitié le reste de ma vie.
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Seulement je l'ai mise à l'écart. A l'écart de l'appart, et d'elle. Je ne sais pas si c'était mieux avant, je ne me souviens pas. Je ne sais pas quand j'en ai pris conscience, de ça et du côté irréversible.
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"Il était une fois un lézard,
caché dans un creux de roche...
Le temps fut venu où il s'aperçut
qu'il ne pouvait plus sortir de sa minuscule caverne."
(Réinterprétation infidèle d'une réinterprétation... Rookies)
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/ Quand elle se met à juste me regarder, avec cette attente incomprise, j'ai l'impression que tout lui apparaît d'un coup comme je le vois personnellement. / / Comme si je me tournais vers elle et lui criait que je n'ai rien à lui dire, que les choses superficielles n'auront pas de valeur pour elle et que les importantes ont une histoire immensément ignorée depuis des années. / / Une fois, je lui ai écrit. Un bonheur assez grand en moi pour faire imploser tout ça. Pas pour parler, mais écrire. Assez pour la faire pleurer en lisant, et ça a été de même quand j'ai lu sa réponse. Mais faut dire la période était propice aux larmes, de mon côté. De la triche. En tout cas ça n'a pas été réitéré. Plus d'occasion... Plus envie. / / Je n'ai que le bonheur à partager. Je ne veux pas imposer quoi que ce soit d'autre, surtout pas à eux. Je sais qu'elle voudrait bien, au moins qu'elle ne serait pas défavorable. / Mais ses jugements ne sont pas ceux que j'ai choisi de considérer. Et je n'aime pas y soumettre mes choix. Elle condamne bien assez sans que je le fasse. / C'est bien que ma soeur ai trouvé une voie nettement plus cool que la mienne, niveau ambiance familiale. Ca me déculpabilise presque, parfois. / / / Tout ça pour dire, écrire, j'aime pas ces regards là. Et je n'aime pas avoir une place bancale, seulement parce que je sais qu'elle ne la satisfait pas. Seulement je ne compte pas en chercher une autre. / Mais que je sois incapable de supporter ces regards là et le savoir ne m'aide pas tellement.* /
J'ai assez de boulot avec tout le reste.