Tu penses à des stèles de pierre ?

Publié le par Luciiole

En ce moment je lis (yeah), j'écris. J'écris pour moi, et ceux qui veulent, sauf ceux qui pourraient découvrir maintenant que mon caractère accomodant ou indifférent ne l'est pas et qui pourraient envisager de s'en offusquer.

Hier, comme j'écrivais donc, en attendant mes cavaliers, Morgane (une collègue) :

" - Oh, tu écris quoi, une histoire ?
  - Un truc comme ça oui...
  - J'peux lire l'histoire ? "une stèle de pierre... ?"
  - Non tu peux pas, c'est pas une histoire, c'est des trucs que je pense et que tu peux pas lire.
  - Tu penses à des stèles de pierre ?
  - Entre autre. Et non, tu peux pas, mais si tu veux je t'écrirai une histoire.
  - Oh oui !"



Non parce que faut pas exagérer, je peux bien retranscrire maintenant au entire wild web mes pensées sans omission aucune, mais c'est pas comme si j'allais les dévoiler ne serait-ce que partiellement aux gens plus ou moins concernés, quoi. Pas de l'hypocrisie, juste une volonté de garder quelques murailles stratégiques.


On peut se créer des principes montés de toutes pièces par procuration.
Envier des gens qui ont la possibilité de faire ce qu'on voudrait, alors qu'à se retrvouer devant la même possibilité, nous voilà hésitants, me voilà reculant presque.
"Je voudrai partir" Ah ouais ?
Et maintenant ? Tu peux, partir. Je m'accroche, contemple ma ville, voit apparaître un fossé semblant abyssal, quand il est enjambé l'air de rien par d'innombrables gens tous les jours.

Je suis une chochote. Et je me cachais soigneusement ce manque de courage pourtant flagrant jusqu'à maintenant.

Il se peut que j'en retrouve, que j'en ai déjà assez en réserve quelque part, attendant que l'appréhension le laisse s'exprimer.

Je n'ai pas peur de bouger, juste moins envie que je ne le pensais de m'éloigner des gens et de mes repères si mobiles soient-ils. Mais ce serait pour juste changer de lieu, je pourrai quand même plus facilement.
Ce qui bloque, ce sont les regards.
Je n'ai pas peur de perdre les essentiels, mais peur par contre de ceux que je vais trouver, pour sûr.

Il faudrait que je généralise à tous les gens ce que Luc a dit des jurys. Qu'ils sont sans restriction aucune : bienveillants, qu'ils n'attendent que de pouvoir discuter, pas d'avoir à rendre les choses plus compliquées. Ce qui était effectivement le cas des jurys.

Je sais maintenant gérer mes émotions, même en cas de stress. Généralement les situations qui m'auraient (m'ont) démonté et tiré des larmes il y'a quelques récentes années me laissent à présent parler et me mettre hors de portée des gens avant de le faire.
Je sais penser (re merci Luc, entre autres) que si j'ai raté quelque chose, même BIEN raté, ça reste un détail, parmi tout ce que j'ai pu réussir par ailleurs, et que la seule chose à faire n'est pas de m'en vouloir mais d'en prendre note pour le réparer ou le refaire mieux.

Magré ce qu'en disent encore les autres, ceux qui aiment à insister sur les condamnations que sont nos erreurs. Comme si tout restait gravé sur une gigantesque stèle de pierre, avec néons en option. Et d'appuyer dessus pour l'alourdir quand ils vous obligent à la porter à dos.
Je crois qu'ils passent vraiment du temps à allègrement buriner et illuminer nos pauvres rochers, et à se railler bruyamment pour entendre le moins de questions possibles à propos d'Eux.

Heureusement j'ai pris l'habitude de voir sous leur tenue irréprochable de juges intouchables les sièges en carton sur lesquels ils s'assoient. Je pense à deux personnes en particulier, j'avoue. J'avais pensé une fois que pour s'indigner, il fallait d'abord être digne. Qui a chanté : "J'veux bien être honnête, mais je manque d'exemples" ? Je veux bien être parfaite (juste essayer, si on me le demande gentiement, aucun intérêt personnel pour la chose) mais je refuse de me positionner seulement sur leur propre échelle de valeur.

Du coup non, ce qu'elles peuvent penser de moi ne m'intéresse vraiment plus. C'est juste bon à ne pas être digéré, juste bon à sourire jaune.

Ca devrait faire du bien de m'éloigner de celles-là.
"Toutes les erreurs sont pardonnables, surtout les miennes, et sauf celles des autres."

Mais du coup, c'est ce que je crains de retrouver ailleurs, dans ma vision avec des restes de mysanthropie et de sous-estimation-personnelle (Dire qu'il ne reste que des restes !) du monde.
Chaque personne évoluant sur Terre et ammenée à me croiser posera d'office un regard plutôt condamnant sur moi. (Impression, bien sûr, dont je n'arrive pas à me débarasser, bien sûr).

Je jouerai bien à les éviter tous, mais c'est l'inverse qui permet d'en découvrir quelques uns plus cléments, légers, intelligents.

Plus qu'à espérer les trouver au bon endroit, plus qu'à se laisser jauger (c'est mieux que juger) et accepter pour avancer.
Ou mieux, de trouver de ces regards portés par ces gens qui donnent ENVIE d'avancer.



GAAAAA !!! Comme dirait l'autre.
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