Loin de Votre monde.
Il me semble nettement plus agréable de profiter du crédit de la déraison à notre époque que de chercher à préparer les choses dans les règles.
Je ne suis pas "folle" par esprit de contradiction, ou par espoir de liberté. Seulement parce que c'est moins compliqué qu'être sérieuse.
Je voudrai partir. Mais comment ? La première idée que j'ai c'est : "Va et vois" Ca marche pour le reste, mais le reste n'est pas assez conséquent pour faire même figure de
répétition.
J'ai une petite vie et de grandes phrases.
Mais ce n'est pas à coups de phrases que je pourrai EXploser ma vie. Pas les miennes en tout cas, qui n'explorent que pour moi.
Je ne cherche l'utilité nulle part, et me demande au bout du compte comment tout obtenir sans le demander.
Voleuse, vagabonde, aspirations d'un autre temps que je pourrai tout de même adapter, mais le charme n'est entier que dans les livres.
Je ne veux pas mourir. Mais pas me donner la force rebutante de vivre comme il le faut. Heureusement que j'ai trouvé ce coin, où je gagne mes sous en ne cherchant que le plaisir, les sourires et
l'évasion. Mais ça me semble trop petit, trop futile, savoir que je ne peux le faire que dans un cadre 'économique', où tout tourne et stagne. Rien ne sort de là et
c'est pourtant si éloigné de la notion de "survie".
Même à choisir entre moult autres métiers plus originaux, même à changer les risques qu'ils offrent, Kiara était encore une perdue qui ne cherche qu'à s'éloigner.
Mais elle pouvait. Que puis-je ? Risquer la vie que je ne veux pas perdre et apprendre à survivre pour ressentir juste Vraiment les choses ?
Ca me tente. Ca me tente tellement.
Même à aller par là, reste une idée, moins présente que dans la tête du Gone, mais quand même.
Une impression de gâcher une vie dont des tonnes d'autres auraient eu tellement meilleur usage. Si je parviens à faire céder un peu les peurs et l'instinct de survie, à négocier avec mes
espoirs pour ne garder que la vision du sol à quelques pas devant moi, j'aurai encore l'impression de seulement tricher.
Ce n'est pas en ne réfléchissant pas qu'on peut survivre. Alors je veux réfléchir Autrement. Pour voir, il faut penser. J'aimerai n'être que sensations, et contempler celles-ci, qui me
traverseraient. Je le fais déjà mais les autres me rattrapent, brisent la bulle fragile en me demandant de m'adapter, de jouer encore.
Je le permets au monde, qui ne l'attend pas. Je peux me réajuster à lui simplement parce qu'il se moque que je le fasse ou non.
Le vent ne va pas m'en vouloir de le transformer en meurtrier si je me laisse mourir de froid en lui. D'autres, si.
On ne me laisse pas le droit d'être mal juste parce que c'est un luxe. Etre mal ou juste ne pas me sentir à ma place, vu que je n'ai pas de Raison, d'être
mal.
Ne pas aller bien, ne pas se trouver serein, c'est toujours une condamnation des autres ou du monde. Les autres la prennent pour eux. Ils trouvent ça Injuste, car c'est en soi que se trouve la
façon d'être bien. Pourquoi pas mal ? Si l'on peut trouver "en travaillant sur soi" toutes les raisons d'apprécier la lumière, pourquoi n'a-t-on pas l'autorisation d'y trouver aussi l'ombre
?
On l'a.
On a juste pas le droit de le dire.
L'ombre est tabou, parce que les masques rendent leurs meilleurs effets aux lumières artificielles.
C'est débile. Voilà à quoi se résument les attentes des gens depuis un moment. Se sentir bien, voir des gens qui se sentent bien, les
aider à se sentir bien ou s'en éloigner pour ne pas "plonger" avec eux. Ou bien l'inverse, rechercher la destruction juste par opposition à cette idée.
Mais à quoi ça sert ? Si un but doit être fixé, je préfère la recherche du plaisir et surtout sans développer l'idée.
Allez BIEN
(Sinon...)
Je suis la première à demander aux autres d'aller bien. Question d'idées enchaînées. Si les gens vont mal, ils finissent par mourir (Oui, bon, enchaînées vite) Ca a été valable de tout temps je
suppose, mais la mode au fonctionnement psychique, à l'auto-pitié psychique, si on va mal juste par manque d'envie, ou par manque de courage, on peut aussi se tuer.
La vie n'est pas une chance, c'est un adversaire redoutable et le ring est cerné de regards appitoyés au mieux, sévères voire méprisants. Je vois les regards mais persiste à rester assise au
milieu de la bataille qui ne me concerne pas.
Je n'en veux pas à la vie, Ma vie est une ENORME chance. J'aurai juste bien vu ne pas être enfermées avec elle dans celle des autres. Elle ne me donne aucun coup volontaire, mais les
regards qui nous cerne ne cessent de les remplacer.
Je cherche à m'enfuir. Avec elle. Mais il y a des mots prévus et des classements pour tout. Même à virer totalement de bord, même à se détruire, on est toujours dans leur visée.
Et il y a des Autres aux regards légers, perdus plus ou moins, qui savent.
Liés plus à moi, ces quelques, que les millions d'autres qui jugent.
Est-ce que je pourrai quand même ? Tout est généralement bien plus simple que je le pense. De loin, sur ma réserve d'indifférence qui refuse d'approcher les choses pour ne pas avoir à les
abandonner ensuite par manque de force.
I'll look... Je vais regarder.
Je fini toujours par une décision de ce genre, qui ne rime à rien. Quand les mots en ont marre de m'écouter tourner en rond.
Ce que je n'ai tout de même pas fini d'écrire, c'est que je me demande quelle utilité je dois avoir, donner à ma vie. Est-ce qu'il faut agir pour l'être, ou est-ce qu'on peut
décider de laisser le monde nous trouver l'utilité qu'il veut ? Parce que partir, par exemple, c'est l'Inverse de l'utilité pour mon rôle actuel. Mais peut-être que ça se
rattrapera ensuite, que ça n'a même pas Besoin d'être rattrapé.
Je ne veux pas de réponses appuyées et certifiées. Je veux bien (bien) des réponses qui ne me donnent que le plaisir de les connaître.
De toute façon personne ne saura me faire croire que l'on PEUT savoir. Je peux suivre n'importe qui en jouant à y croire tant qu'il est enthousiaste et que ça
m'amuse. J'y crois même vraiment, pourquoi pas ça au lieu d'autre chose ? Mais pour les grandes vagues de pensées comme celles de ce matin, j'en reviens toujours au sempiternel principe,
je sais que Personne ne sait rien.
Du coup plus qu'à suivre mon feeling.
Dommage qu'il me dise en fait qu'il FAUT garder une place un minimum active et cohérente dans le monde Humain, question de vague solidarité d'espèce, et surtout envers quelques membres de cette
espèce qui devront porter en surcharge ma part d'utilité si je la refuse.
C'est bidon tout ça. Mais l'idée cachée derrière les mots bidons reste.
Je regarderai quand même et laisserait le monde Humain me refiler les parts de ce qu'il veut comme il le veut. Il a le droit, moi je prends plus que ma part de bonheur depuis longtemps. (Et je ne
compte pas en rendre)
Rendre les choses possibles ne m'intéresse pas. Je veux profiter de ce qui l'est déjà, mais ce n'est pas permit.
Reste un fond de culpabilité, de Pouvoir faire ce que je veux et qui ne sera pas constructif, alors que tellement veulent juste vivre bien, et ne peuvent. Mais ?
Mais pour tous ceux qui bousillent nettement plus que ça... Je m'en fiche.
On nous conditionne à nous référer aux autres, à ne pas être Plus heureux qu'eux sans se le répéter, se demander pourquoi, s'en vouloir.
Se rendre spécial pour avoir le droit de vivre spécialement, relativement.
Il me faut autre chose. "Je vais voir" comme disait l'autre. Pour ne plus entendre parler des nouveaux portables, des lignées de renoms, des concours auxquels je n'ai pas envie de participer, des mêmes doutes et problèmes.
Tout à tendance à devenir futile. L'essentiel survit dans quelques sourires, dans des mots, dans ma capacité à m'enthousiasmer (le gardant soigneusement caché, laissant les gens se moquer quand je le montre, n'étant pas pour les 'bonnes' choses).
Mais c'est de repères nouveaux dont j'ai envie. Remettre en place les mots, leur donner une consistance, ne plus m'en servir pour du vent, les nuances toujours mais avec ... du poids.
Je fuis les autres pour avoir à arrêter de me justifier. Ceci dit je remplace avantageusement les autres moi-même.
Je me juge, me condamne et me sauve. Je me sens jugée, condamnée et demande des sauvetages souvent.
Et je fronce les sourcils, et je serre les dents tout en refusant de donner du poids aux autres. Je prends chaque critique mal, étendant à ma vie entière le détail sur lequel elle porte. Je suis blasée des gens et de leurs idées en général, mais je n'imagine pas en profiter pour trouver les remarques constructives. Pas assez.
J'aime faire des erreurs. Me perdre, me retrouver, savoir que je me perdrai à nouveau. J'aime aller au bout de mes erreurs, en sachant que c'en est une. Juste Pour VOIR où ça allait. Pour voir pourquoi c'est donné comme erreur.
Mais c'est l'opposé de l'efficacité attendue, encore une fois. Il y a des dizaines de règlements, dont on ne peut vivre qu'un centième, et de ce centième, il faut savoir par avance tout, avant de le vivre.
"C'est inadmissible une erreur pareille !" Les erreurs devraient l'être, admissibles.
Il y a des dizaines d'idées que j'ai et que je ne peux pas tester, juste parce que ce Sont des erreurs, et que je me ferai engueuler au mieux, si je le faisais. Je ne veux pas être engueulée, je ne veux pas me montrer faillible, parce que ce n'est pas ce que les gens veulent voir.
Et je veux montrer aux gens ce qu'ils veulent voir pour ne pas subir encore PLUS de leurs regards méprisants, peinés, désespérés, exaspérés.
Je suis blasée par leur attitude et pourtant cherche toujours à y retrouver des échos, être au moins en interaction avec certains.
Blasée. C'est ça que je fuis. "Cherche regard neuf sur les choses", pas venant des autres.
C'est MES yeux, que je veux éprouver mieux, dont je veux douter. Et il me semble qu'à seulement Poursuivre, je ne pourrai pas.
Partir, donc. Ca va être compliqué à expliquer, à persister.
Parce que pas "normal", et donc pas 'sûr', pas logique, idiot, etc.
Je veux sortir de la logique, de la norme et s'il le faut, de l'intelligence. Il me faut autre chose.
(Quitte à faire le méga-melting-mots de la semaine, j'enchaîne avec ce qui n'était pas encore écrit)
J'ai parlé avec Luc, avant-hier. Bilan trimestriel (on en aura eu 2 en deux ans, les trimestres sont étirés, chez nous ^^ )
J'Aime ce gars. J'ai quand même failli pleurer devant lui, juste à parler de saut d'obstacle. Juste à parler de mon sentiment d'être toujours Loin du niveau d'expérience et de technique des autres.
Juste à penser à tout en même temps.
Il le savait, je ne sais pas cacher ça. Il n'a pas été plus sûr de tout que d'habitude, plus réconfortant non plus. Juste autant que d'habitude, juste assez pour équilibrer les choses et nous me dire que j'étais capable de faire dépendre les choses de moi.
"Ca dépend de toi"
Ce n'est pas une chose que je crois aisément. Les choses ont tendance à beaucoup se passer de moi.
"Tu es comme tu es. Tu ne dois pas te forcer à jouer une autre personne que toi."
Je le sais. Je le sais, mais ça fait Tellement plaisir de l'entendre quand même. Dans les remarques, les regards, j'ai toujours une rumeur sourde qui me dit l'inverse. Mais si ce Gens génial m'autorise à penser que je ne suis pas la seule à le vouloir, c'est nettement mieux.
J'ai faillit pleurer devant lui, et j'ai pleuré en repartant en voiture, en repensant à ça, à l'ensemble de phrases qu'il a dit, à celle là en particulier.
Ca ne ressemble pas à un bilan trimestriel de formation hein ? C'était carrément mieux. Carrément bien. Ca n'a pas duré longtemps, mais parce que ça dépend de moi, l'obtention de l'exam, et le reste.
Et tant pis pour les autres plus forts, et tant pis pour les techniques et les automatismes que je n'ai pas. Parce que j'en ai Assez pour le faire, largement.
"Il faut juste que tu ne te laisse pas dominer par tes émotions, ce jour là."
Moui. Ca va être dur, ça, mais je l'ai déjà fait. Et ça se passera mieux qu'alors. Puis il sera dans le coin.
"On voit que tu as changé, des évolutions, même si tu ne t'en rends pas compte"
Pour sûr.
Bref. Après ça, j'étais C A L M E. Pire que d'habitude, je m'en suis rendue compte et les gens aussi. J'ai fuis le bruit, je voulais parler à Chim' mais y avait trop de gens, et en plus surtout Nan m'a Vrai énervé entre temps. Puis DieuGrill a eu plus que deux bras de disponible, et j'ai regardé LadyKiller. Et Tom Hanks est Génial dedans (comme tout le film).
End.