[...] A l'amour à la mort, toi tu cherches le jour [...]

Publié le par Luciiole

Il y a certaines chansons qui m'accompagnaient à l'époque et que j'avais soigneusement évité d'écouter ensuite. Je dois avoir un instinct de survie mental. 

Je veux ses mains pour essuyer les larmes que ses souvenirs font couler. 

Il n'y a qu'en rêve que j'arrive à changer. Matin d'une journée de plus, je me force à ne pas retourner le voir, une fois les yeux entrouverts. Puis j'écoute mon rêve, et pleure. 

La vie, c'est peut-être sauter de rocher en rochers, aussi peu solides et d'aspect abrupts soient-ils. Je sais qu'il y en a de parfaits, je prends encore appui sur eux. Mais je n'avance que pour suivre les autres, sur la route là-bas (oui il y en a une on dirait), ou bien qui sautillent aussi. 
Heureusement j'espère encore les voir progresser bien, mieux, le sourire au lèvres. 

"Si tu arrêtais un peu de penser aux autres et que tu pensais un peu à toi ?" 
Ce sont les autres qui me font avancer. Pour ça, j'ai changé du tout au tout. 

Et nous, qui ne chercherions peut-être qu'à rester posés sur un rocher près la berge, ensemble, on trouve toujours de quoi poursuivre. Parce qu'on se sait, que les mots ne se laissent pas chaque fois emporter par les flots, et que nos regards se surveillent. 
Nos égrégores sont puissantes. 

Si je pense à moi, je vois cette porte. 
"- T'as de la chance
  - ...
  - T'as de la chance, hein ?
  - Hmm."

Si tu veux. Tu attends quoi, que je dise le contraire ? Je veux des gens qui n'attendent pas de réponses prévues d'avance. 
Je veux des gens qui posent les questions juste pour les voir posées, qui connaissent déjà les réponses, aussi imprécises et relatives soient-elles, prêtes à virevolter dans un courant d'air. 

Te dire que je m'en fiche, d'avoir de la chance. Qu'elle est déjà amoindrie par le fait de te voir plus tôt, du coup. Te dire que même de toi je me fiche, en ce moment. Plus perturbée par ta fausseté, par les médisances constantes, par ta rage de prouver que les gens qui se contentent de vivre le font pour t'emmerder. 

"et que tu pensais un peu à toi?"

Si je pense à moi, je vois combien je tourne en rond. J'ai encore le droit de regarder ce que je veux, le ciel sourire, des scènes géniales de la vie. Auxquelles je ne prends pas partie. 
Si je pense à moi en tournant mon regard vers l'espace clos qui me sert de tête en ce moment, je ne vois que de l'obscurité. 

Et je vois une porte. Ca pourrait ressembler à une issue, mais j'en ai tellement peur que je ne l'avais jamais réellement vue avant. Des rideaux opaques pour me la dissimuler, moi qui passe tellement de temps ici. J'ai un fort pouvoir d'auto-persuasion. 
"Il n'y a rien que tu ne puisses savoir en toi, rien qui mérite d'être caché parce que tu as la puissance des mots comme arme pour tout combattre". 

Tu parles. 

Je vais la ré-oublier consciensieusement, comme métaphore qu'elle est, cette porte. Je ne peux faire que ça.  Si j'ouvre, j'ai peur de ne plus pouvoir donner de vrais sourires, de ma vie. J'espère que personne n'y est obligé. 
Entrouverte, à peine, et tout est aspiré au travers déjà, même ce qui n'est absolument pas concerné. Tout ce qu'il y a eu après. Parce que tout est concerné, parce que c'est après. 
J'ai du retenir les bribes auxquelles je tiens, que je voyais se perdre dans un vertige glacial, celui qui est en moi, derrière la porte. 

Refermée, je sens les échos du vent, il fait trembler l'obscurité. Je vais trouver de quoi l'oublier de nouveau. Je peux le faire, et je le veux.

J'étais Debbie cette nuit, j'ai pu le voir, lui et quelques autres. J'ai pu rester près de lui, acceptant de payer le prix d'incertitude et de peine pour quelques instants. Mais je ne m'occupais pas de la suite. La suite, elle était à gérer maintenant. C'est égoïste, les rêves. 
Il va arriver un moment où je n'y croirai réellement plus, quand je commencerai à rêver de lui. Où je ne me laisserai même plus y croire. 
C'est déjà à peu près le cas. 

On a progressé, je ne cours plus après les nouvelles, après les pensées et les images si chères. Elles continuent de rappliquer toutes seules, pour sûr, mais ça c'est bien. On m'a déjà dit plusieurs fois le contraire, mais j'ai existé grâce à ça, et si elles reviennent, c'est que c'était bien moi, à l'époque. Pas les héros de papier. 

"Tu y crois, toi ?"
"Tu ressembles au naufrage que j'ai fait autrefois..." 

/

/

Rien ne parvient à y ressembler, rien ne réussi à me faire croire que c'est possible. Je lutte pour ne pas laisser la certitude s'installer. Tout en la voyant déjà prendre ses aises, près des rideaux qui masquent de nouveau déjà la porte. 

Le prochain rocher, c'est lequel ? Ils manquent de couleurs. J'ai envie de m'élancer sur le large, là-bas, quitte à le voir basculer.
J'en ai autant envie que faire un bond dans l'autre sens, pour ce que ça change. 
Il manque de la signification aux choses. Pour être plus pragmatique, il manque de la motivation. 

Heureusement qu'on peut puiser dans celle des autres, ces autres qu'il faut suivre parce qu'ils racontent les choses. Parce qu'is savent comme je le sais aussi que ça ira, que tous les doutes ne sont rien en comparaison des surprises qui nous attendent et de la joie d'avancer ensemble. 

Et j'annonce qu'il fera beau, bientôt même. Souriez au ciel gris pour qu'il s'illumine.

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G
Ehh behh... '_'
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